Clarifier et affirmer l’identité de la forêt-parc : vers un récit d’avenir pour les campus Vallée et Petit Belvédère
Dans la profonde vallée de l’Yvette, autour de la rivière et au pied de puissants coteaux boisés, se déploie le campus historique de l’université Paris-Saclay. Des ensembles bâtis y sont posés sur les paliers de pente successifs, mêlant des constructions historiques héritées d’un ancien moulin et d’un domaine à l’anglaise, des laboratoires de recherche de physique fondamentale érigés dans les années 1950, et plusieurs vagues de bâtiments « signature » Cassan construits au fil du développement de l’université entre les années 1950 et 1970. Tout ce patrimoine bâti est singulièrement immergé dans une mer boisée hybride, où s’entremêlent la forêt spontanée descendue des coteaux sableux avec l’abandon progressif de l’agriculture, les cortèges humides et les collections botaniques foisonnantes développées au gré des opportunités spatiales par les professeurs de botanique depuis une cinquantaine d’années.
Très apprécié par les usagers et les habitants des quartiers voisins, ce campus-parc fait face à divers enjeux. D’abord, les repères sont rares dans cette mer arborée où les vues vers la vallée ont disparu, où l’espace est encombré par un mobilier disparate et où les parkings et aménagements routiers hérités d’une autre époque fragmentent les espaces extérieurs et compliquent les déplacements piétons et cyclistes. Ensuite, les nombreux usages du parc doivent être conciliés avec la préservation et l’amélioration des milieux et des continuités écologiques sur cette séquence particulièrement riche de la vallée de l’Yvette, en lien avec les forts aléas d’inondation des berges. Enfin, le patrimoine bâti vieillissant doit évoluer pour pérenniser l’accueil des activités universitaires et le mettre à niveau des standards contemporains qui régissent les constructions neuves du campus voisin du plateau.
Face à ces enjeux, le Plan de Paysage vise à écrire un récit commun sur l’avenir du campus Vallée et du Petit Belvédère, alimenté par les nombreuses études menées par l’université (atlas de biodiversité, plan de circulation, schéma directeur immobilier, etc.) et par le SIAHVY (développement de zones d’expansion de crues de l’Yvette). Ce récit est fondé sur la mise en valeur du patrimoine paysager, écologique, architectural du campus dans une vision de cohérence d’ensemble intégrant la réorganisation des usages des bâtiments en lien avec le déménagement d’une partie des activités du campus sur le plateau. Il sera décliné dans un plan pré-opérationnel facilitant son appropriation et sa mise en œuvre par de nombreux acteurs, au fil d’opportunités de projet localisées.
La vallée de Chevreuse, une vallée particulièrement marquée en région francilienne
L'Yvette, qui traverse le campus, est surtout perceptible depuis les ponts qui l'enjambent
Appauvrissement progressif des paysages de l’eau sur le site du campus
Une conception des espaces extérieurs initialement peu poussée... (Faculté d’Orsay, 1968, photo extraite du site d’Emilia Robin, article Galerie)
... Qui a laissé la place au développement empirique d'un jardin botanique par les professeurs
La grotte aux fées, une empreinte héritée du parc à l’anglaise du domaine de Launay de la fin du XVIIIe siècle (Delcampe.net)